INVERS — Une nouvelle source de protéines pour l’alimentation animale par l’élevage d’insectes
INVERS poursuit les développements de sa filière de production d’insectes à l’aide de ses partenaires du monde agricole

INVERS poursuit les développements de sa filière de production d’insectes à l’aide de ses partenaires du monde agricole

L’entreprise auvergnate Invers crée avec des agriculteurs une filière de production d’insectes destinés à l’alimentation animale. Une filière durable, en circuit court et 100 % locale.

C’est en cherchant à redonner une seconde vie aux coproduits issus de l’exploitation agricole (son, légumes) en Limagne que Sébastien Crépieux a eu l’idée de créer une filière de production d’insectes destinés à l’alimentation animale, tout en s’appuyant sur un modèle circulaire et responsable de production. Il a d’abord testé le concept dans son grenier puis dans un container sur la zone de Clerlande, avant de faire tester des élevages d’insectes à trois agriculteurs attachés à la démarche. C’est ainsi qu’est né Invers en mars 2018.

Se passer de la farine de poisson qui dépeuple les océans

« L’objectif est de se passer de la farine de poisson qui dépeuple les océans et de la substituer par des larves de tenebrio molitor, plus connues sous le nom de verre de farine dans la filière piscicole à moyen terme », explique Sébastien Crépieux, président d’Invers. Les vers de farine sont élevés entre 10 et 12 semaines, avant d’être mis au froid pour les endormir en douceur. « Nous avons le respect du vivant », souligne Stéphanie Cailloux, directrice générale. Les vers sont ensuite congelés et séchés, avant d’être conditionnés dans un atelier pilote financé par l’Ademe (lauréat I-nov 2019), situé dans un ancien poulailler, à Saint-Ignat. L’atelier définitif est en cours de construction, il sera opérationnel en 2020 et sera automatisé.

Fournir un revenu complémentaire aux agriculteurs

Invers ne souhaite pas faire directement l’élevage des vers de farine. Le but est de fournir aux agriculteurs un revenu complémentaire sur l’exploitation, en diversifiant leur production, face à des cours des céréales de plus en plus volatils. Les vers de farine sont nourris avec du son (issu des moulins de Limagrain) et de la féverole. Développer ces élevages permet de réintroduire aussi des légumineuses dans les rotations des sols et de réduire les apports en engrais azotés qui n’ont pas un très bon bilan carbone. Invers fournira les reproducteurs aux agriculteurs, puis leur rachètera les vers de farine que la société transformera et distribuera chez Gamm Vert et dans des jardineries dans le Puy-de-Dôme et l’Allier pour nourrir les oiseaux et les poules des particuliers.

La pisciculture et les animaux de compagnie en ligne de mire

Invers produira aussi des croquettes pour chien à base d’insectes, de volaille, de lentille, thym, sauge et spiruline. Elles ont été testées par 60 chiens. Une campagne de crowdfunding va être lancée dans l’automne. Les croquettes seront commercialisées sur une e-boutique. En 2021, ce sera autour du chat d’avoir sa croquette aux insectes. Mais c’est surtout le marché de la pisciculture que vise Invers à moyen terme.

Pour réaliser ce projet, Invers vient de lever 1,8 million d’euros auprès du Crédit Agricole, de Limagrain et de Sofimac Partners. La société a aussi emprunté 1,5 million d’euros. Elle pense atteindre son seuil de rentabilité avec dix ateliers en fonctionnement qui produiront chacun dix tonnes par mois de vers de farine, mais espère la création d’une centaine d’ateliers. Ces ateliers ne pourront être implantés que dans un rayon de 50 km autour de Saint-Ignat, dans une logique de circuit court.

Véronique Feuerstein pour BrefEco

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