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INVERS : un cercle vertueux avec les agriculteurs

Invers développe des gammes d’aliments pour animaux contenant des protéines issues de vers de farine.

« La pertinence de notre modèle circulaire, durable, résilient et orienté régional et local se renforce », souligne Sébastien Crépieux, cofondateur et codirigeant d’Invers qui valorise les protéines contenues dans des larves d’un coléoptère, le Ténébrion meunier. « Produire un kilo de protéines d’insectes nécessite 100 fois moins de surface agricole que la production d’un kilo de protéines conventionnelles », affirme cet ingénieur agronome qui, après avoir vendu la société spécialisée dans les murs végétaux qu’il avait créée en 2007, cherchait sa voie « dans la transition vers de nouveaux modèles de production agricole ». Ce qui suppose de s’interroger sur le modèle en cours. Notamment nourrir les animaux d’élevages et domestiques avec des farines de poissons issues de la surpêche et de la farine de soja OGM importé.

Des agriculteurs partenaires pour l’élevage.

C’est ainsi qu’est née, en 2018, Invers qui construit une filière de production de protéines et d’aliments à partir de l’élevage de « vers de farine ». Elle noue des partenariats avec des agriculteurs à qui elle fournit des micro-larves (nées dans ses locaux) qu’ils nourrissent pendant 6 semaines avec des coproduits céréaliers, principalement le son de blé. Puis Invers se charge d’une première transformation.

En 2021, elle a lancé des produits grand public fabriqués en collaboration avec des industriels locaux et vendus sur son site Internet et par quelque 400 jardineries d’Auvergne Rhône-Alpes : croquettes pour chiens et chats, aliments pour poissons, vers vivants ou déshydratés pour les oiseaux des jardins, les poules, les reptiles etc. Les déjections des larves sont utilisées pour fabriquer un engrais organique réutilisé par les agriculteurs.

Cap sur les marchés des pisciculteurs et aviculteurs.

Pour augmenter sa production et adresser les marchés des pisciculteurs et aviculteurs, Invers va construire un nouveau couvoir et élargir son réseau d’agriculteurs, d’abord en Limagne où elle est installée. « Actuellement, nous travaillons avec trois producteurs. Ils seront cinq de plus en 2023 et, à partir de 2024, nous installerons dix ateliers d’engraissement par an », annonce Sébastien Crépieux qui finalise un nouveau tour de table important.

Les agriculteurs, à qui cet élevage d’un nouveau type apporte un revenu complémentaire, sont recrutés parmi les adhérents de coopératives agricoles. A commencer par ceux de Limagrain, « notre partenaire historique » précise le dirigeant qui annonce des accords avec « deux coopératives importantes » du Lyonnais et du Forez.

Invers va se déployer selon plusieurs axes : recruter des agriculteurs dans les bassins céréaliers d’Auvergne-Rhône-Alpes, développer une gamme pour les élevages piscicoles et avicoles et dupliquer, à partir de 2024, son modèle dans d’autres régions. « Nous travaillons avec des entreprises à qui nous pourrons fournir des ingrédients pour l’alimentation des humains », ajoute Stéphanie Cailloux, ancienne chercheuse en biologie et co-dirigeante d’Invers.

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Sylvie Jolivet